D'où vient l'aviron ?

HISTOIRE ET FAITS MARQUANTS    

DE L’AVIRON

" RASSEMBLEMENT DE LA ZONE SUD - EST DES BENJAMINS "

Pour en savoir un peu plus... sur l’aviron, et son histoire:

D’où vient le mot aviron:

Le mot aviron vient de l’ancien français « viron » qui signifiait: Virer, tourner. Le mot aviron est apparu vers 1160. A cette époque vivait Richard Cœur de Lion. Une rame à viron (rame à tourner) est devenue avec le temps, rame aviron, puis tout simplement AVIRON. Au passage le mot qui était féminin une rame est devenue masculin (un aviron). Pourquoi ?...

Ce mode de propulsion spécifique aux bateaux a laissé son nom à la discipline, comme d’autres sports: on dit faire du vélo, de la moto, du ski ...de l’aviron.

Avant que ce ne soit un sport.

Nos ancêtres, hommes de NEANDERTHAL ou de CRO MAGNON, se sont aperçus qu’il était possible de se déplacer sur l’eau en montant sur des troncs d’arbres et en se laissant aller au fil de l’eau, mais ca ne marchait que dans un sens. Pour revenir au point de départ ils prirent une branche d’arbre poussèrent en s’appuyant sur le fond de la rivière pour faire avancer leur tronc d’arbre contre le courant, ce système est toujours employé de nos jours sur certains cours d’eau, ou canaux, peu profonds et calme comme le marais Poitevin. Quand la rivière, ou le plan d’eau (mer, lac, étang, .....), devint trop profond il fallut alors inventer un autre système: la pagaie, au début ce ne devait être qu’une branche, un bout de bois mal taillé. Un jour pourtant, peut être que la branche n’avait pas la bonne longueur, ou que l’homme était fatigué de pagayer, il s’aperçut qu’il était facile d’avancer sur l’eau si l’outil qui lui servait à faire avancer son embarcation prenait appuis sur un point fixe. Ce génial inventeur, que l’histoire a malheureusement oublié, venait de découvrir ce qui allait un jour révolutionner la navigation: la rame.

Les Egyptiens utilisèrent ce mode de propulsion pour leur marine marchande qui naviguait sur le Nil. Ils avaient équipé leur marine de bateaux mixte, voile rames, 19 siècles avant Jésus Christ, c’est à dire il y a environ 4000 ans Ces bateaux avaient jusqu’à 25 rames par coté, soit 50 rameurs au total, (une rame par rameur, aujourd’hui nous dirions en pointe). En Egypte, comme chez nous le MISTRAL? Le vent dominant souffle du Nord (froid) vers le Sud (chaud), aussi fallait-il trouver un moyen de naviguer lorsque le vent était insuffisant, ou contraire. Quand le vent soufflait dans le bon sens, la navigation se faisait à la voile, ce qui permettait aux rameurs de se reposer. Mais quand le vent était contraire, ou insuffisant, .... Les Egyptiens ramaient.

Les Grecs utilisèrent bien sur ce mode de propulsion, et les galères grecques dominèrent la mer Méditerranée pendant prés de dix siècles. Les galères d’Athènes devinrent célèbres lorsqu’ils inventent les trières (galères avec trois rangées de rames superposées). Il y avait alors 340 rames par bateau, avec un seul rameur par rame. Le secret pour faire rentrer ces rameurs était de les faire ramer assis, les pieds au même niveau que le siège et pour amplifier le mouvement des rames, faire asseoir les rameurs sur des coussins, enduits de graisse, sur un banc lisse, ainsi le fléchissement des jambes tel que nous le connaissons aujourd’hui. En 476 avant Jésus-Christ, lorsque les Spartiates se lancent à l’attaquent des Athéniens, ils doivent pour traverser les terres: chaque rameur doit porter alors sa rame et son coussin, comme les motards portent leur casque. Les Athéniens payaient 12000 rameurs, qui étaient des hommes libres, et non des esclaves, qui s’entraînaient huit mois par ans pour maîtriser la technique du glissement et le mouvement d’ensemble nécessaire. (Bonjour les ampoules sur les fesses).

 

Bien sûr les Romains utilisèrent aussi la force des hommes pour leur marine de guerre. Et lorsqu’on parle de rames et de romains, on pense aux galères, ou à la bande dessinée « Astérix et les Romains », dans laquelle Obélix fait une démonstration éblouissante de ses talents. Les galères romaines étaient de puissants vaisseaux de guerre, pouvant mesurer de 50 à60 mètres de long, et compter jusqu’à 100 rames. Les rames étaient lourdes, et il fallait quatre à cinq rameurs pour les manœuvrer. Les rames étaient disposés en une rangée et les rameurs ramaient debout en avançant et en reculant, imaginez le bruit que devait faire une galère en marche: les piétinements de galériens marchants sur le pont tous en même temps, (les galériens romains étaient également des hommes libres, comme les Grecs, et non des esclaves enchaînés comme décrit dans le film BEN HUR, leur cris d’encouragements ou d’efforts, les cris des gardes, et ... le bruit de la mer.

 

Les Vikings (peuple originaire de ce qui est aujourd’hui connu comme le Danemark, la Norvège et la Suède en nordique "  Viking " signifie " Raid maritime ", en même temps que les Egyptiens il y a 6000 ans, et avant d’envahir les cotes des îles Britanniques, de la France puis l’Espagne et enfin vraisemblablement de la Méditerranée.

Ils utilisèrent le mode mixte de navigation, à savoir la voile et la rame. En 1997 furent découverts, prés de Copenhague, les reste d’un LANGKIP (que l’on peut traduire par Long bateau) long de 35 mètres qui été construit vers l’an 1100. C’est le bateau VIKING le plus long découvert à ce jour: le rapport entre sa longueur et sa largeur était de 11,4 (pour une yolette aujourd’hui ce rapport est de 15,5), son tirant d’eau était très faible (environ 1 mètre entre la quille et le bordage le plus haut) et permettait d’aborder sans difficulté sur les plages et de se faufiler dans presque tous les cours d’eau d’Europe. De plus la forme a deux proues, ornées de têtes de dragon enroulées.

Le DRAKKAR  nordique avait l’avantage de permettre de repartir, après une attaque, sans devoir faire demi-tour. Revenons à notre Langskip: il a été compté 30 bancs de nage, espacés de 0,90 mètres, sur lesquels prenaient place deux guerriers. Ce langskip était sûrement un vaisseau amiral car les autres bateaux ne comptaient guère plus de 20 bancs de nage. Pour en terminer deux lignes sur la construction: ces bateaux étaient construits selon la méthode que nous appelons aujourd’hui «  a clins », c’est à dire avec des planches de chêne (épaisses de 2 cm) qui se superposent sur un bord et qui sont assemblées avec des clous métalliques (en fer, puis en cuivre).

 

En 1586, l’invincible Armada espagnole, forte de 789 bâtiments, comptait 40 galères avec chacune 220 rameurs, et là plus question d’hommes libre et volontaire, les prisonniers anglais et des condamnés de droit commun fournissent la main d’œuvre nécessaire. Deux ans plus tard, en 1588, seul quatre galères subsistent. Il est vrai que la marine à voile a fait de très importants progrès, et est bien plus efficace: d’un coté un équipage de chiourme qui fatigue vite sous l’effort, et un seul canon, de l’autre, le vent qui souffle souvent en mer, avec la même force pour tout le monde, et surtout, sur le plus gros bâtiment, 40 canons capables de tirer tous en même temps.

 

En France, l’âge d’or des galères si on peut dire, (et ce qui ne devait pas être l’avis des galériens), fut vers la fin du 17éme siècle, début 18éme. Louis XIV était au pouvoir et les galères servaient de prison et de bagne. A L’époque, il ne faut pas l’oublier, il y avait bien sur les criminels de droit commun, et ceux qui faisaient la contrebande de sel, mais aussi les déserteurs des nombreuses guerres de l’époque guerre contre la ligue d’Ausbourg ou d’Espagne puis la guerre contre les Huguenots (guerre des Camisards). Quand il n’y avait pas de condamnés on prenait tout ce qui traînait: vagabonds, blasphémateurs, ceux qui étaient convaincus de sorcellerie, des esclaves trucs et même un esclave venu d’Amérique: des Iroquois.

 

A cette époque Marseille, comme Toulon, était une importante base des galères de Méditerranée. Les galériens étaient logés dans le bâtiment qui se trouve à gauche du vieux port. Ce qui aujourd’hui est le parking du cours « d’Estienne d’Orve » (résistant de la guerre de 1939-1945) était le bassin des galères. Il y avait de 20 à 40 bâtiments suivant les époques. Lorsque la flotte était complète le bassin des galères ne suffisait pas, elles occupaient alors une partie du vieux port.

 

Une galère mesurait 45 mètres de long et étais large de 9 mètres, de chaque coté 26 bancs de nage recevant chacun 5 rameurs enchaînés, soit 262 rameurs aux quels il faut ajouter 100 fantassins, 40 à 50 remplaçants (qui sont des hommes libres mais qui remplacent les galériens malades ou incapables de ramer) et enfin les hommes d’équipage. Au total se sont plus de 500 personnes qui embarquent à chaque campagne (une par an en moyenne et pour une durée de 45 à 60 jours) et qui doivent vivre, manger, dormir, se battre, avec moins de 1 mètre carré par personne. Les galères de commandement « Les Réales » (Royales) mesuraient plus de 60 mètres il y avait 32 rangs à 7 rameurs, soit 448 rameurs, avec prés de 200 fantassins, remplaçants et hommes d’équipage, soit au total 650 hommes à 700 hommes.

 

Parlons de l’ergonomie d’un poste de galère Française au 18 éme siècle:

Le galérien ramait debout, souvent les pieds dans l’eau car le bordage n’était qu’a 50 cm au-dessus de la ligne de flottaison, un pied enchaîné au bateau, il disposait d’un banc (poutre de bois nu de 16 cm et longue de 2.2 mètres). Lors du coup de rame, il prend appuis sur le banc devant lui comme sur une marche d’escalier, les bras restent tendus vers l’avant, résultat: des cuisses de footballeurs sur un corps d écharné. Chaque rame pèse 130 kg, sur une galère normale, et mesure 12 mètres.*

 

* Aujourd’hui un aviron de pointe mesure environ 3,8 mètres, et un aviron de couple 3 mètres.

 

Sur une Réale c’est 160 kg et 14 mètres de long. La cadence reste faible 20 coups à la minute pour un effort évalué à 180 watts et une vitesse de 5 nœuds (9 km/h) en croisière. Amplitude du coup de rame: 12 à 13 ° (ce qui est équivalent à une amplitude bras corps) Aujourd’hui, sur les bateaux que vous utilisez, un rameur entraîné arrive à une amplitude de 72° à 78°, en utilisant la coulisse comme on vous l’a appris. C’est à dire 5 à6 fois plus longues dans l’eau. Pendant un assaut de galère, la cadence peut monter à 26 coups, soit 200 watts, avec une vitesse de pointe, pendant que les minutes, de 6 nœuds (11 km), avec une amplitude de 18°, mais ce régime ne peut durer plus de dix a douze minutes, au risque d’épuiser les rameurs et de rendre alors la galère vulnérable à une contre attaque. Des courses en huit dure, environ, aujourd’hui 6 minutes aux J.O. et 7 minutes au championnat de France, pendant laquelle chaque rameur développe 400 à 500 watts à la minute.